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Terrorisme en Belgique : de la com politique à la com publique

By janvier 8, 2016 No Comments

Si on analyse la communication des autorités belges entre Charlie Hebdo/Verviers et les attentats de Paris/Brussels Lockdown, on constate une nette évolution dans le type de communication passant d’un effet d’annonce dominée par la communication politique à une véritable communication publique. Le cas du Premier ministre belge

Temps 1 : la phase émotionnelle

Alors que les attentats de Paris étaient toujours en cours, le Premier ministre belge a diffusé un premier message emphatique sur son compte Twitter à 23h12.

 

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Il faudra attendre 2h18 du matin pour avoir un message sur sa page Facebook. Une interview par téléphone encore empreinte par l’émotionnel sera diffusée à partir de 7h30 dans différents médias.

Temps 2 : La phase rationnelle

Les 12 mesures annoncées en janvier 2015 étaient de la communication politique, puisque selon le Ministre de la Justice sur son site, Koen Geens, seules 5 mesures sur 12 étaient en application en août 2015. Face aux 18 mesures annoncées le 19 novembre 2015, la communication liée est publique, puisque plusieurs sont applications.

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Sa communication est soutenue par celle de plusieurs ministres du BEGOV, mais aussi par le Centre de crise qui fera plusieurs annonces relayées par le Premier ministre sur son compte twitter et inversement.

Le BEGOV en action face au terrorisme ?

Il y a encore quelques mois, la communication était avant tout politique où chaque ministre intervenait de son côté. Même si les premières communications des ministres ont été politiques, très vite, une première communication publique a eu lieu vers 1 h 15 du matin via le Centre de crise.

Dans un premier constat réalisé suite à Charlie Hebdo (janvier 2015), confirmé avec l’attaque de Thalys (août 2015) et maintenant, affirmé avec les attentats de Paris (novembre 2015) ; les premiers tweets des membres du gouvernement belge durant la phase émotionnelle sont toujours une communication politique. En tout premier lieu, chaque membre du Gouvernement communique en son propre nom (ou au nom de la Belgique dans le cas du Premier ministre) et non pour annoncer la prise d’une mesure (communication publique).

Durant la phase rationnelle, les premières interviews sont encore politiques, mais très vite remplacées par une communication avant tout publique. Suite à Charlie Hebdo, cette communication publique était quasi inexistante. Durant les jours suivants, la communication politique et publique se sont s’alterner. Toutefois, le politicien reste toujours présent parasitant la communication publique.

Malgré des améliorations, des progrès sont encore à faire. Le terrorisme n’est pas qu’une affaire de com, mais la gestion de crise est la plus visible dans les médias et la plus facilement critiquable. Une communication publique face au terrorisme – comme l’ont fait les Français et maintenant les Belges – démontre une volonté d’action, reste à voir si le politique ne va pas reprendre la main.